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TOURISME A MAYOTTE / POPULATION ET CULTURE

Estimée entre 160 000 (statistiques officielles) et 200 000 habitants, la population se caractérise par une démographie galopante, avec un taux d'accroissement annuel d'environ 5% par an ce qui ne sera pas sans poser probleme dans un avenir proche.

En 2004, la natalité demeure ainsi tres élevée (7 452 naissances - ce qui fait de la maternité du centre hospitalier de Mamoudzou, une des plus importantes, voire la plus importante, maternités de France, en nombre de naissances s'entend - soit 57,3 % des naissances a Mayotte) ; l'Indice Synthétique de Fécondité est de 4,5 enfants par femme (contre 8,1 en 1978), ce qui est largement supérieur au chiffre enregistré a la Réunion ou en Métropole.

L'espérance de vie est, quant a elle, de 74,5 ans.

A noter également qu'en 2004, plus des deux tiers des meres sont étrangeres, surtout originaires des Comores (environ 50% d'Anjouan, 14,5% de Grande-Comore et 2,2% de Mohéli ; a noter aussi que 37% des peres mahorais ont eu un enfant avec une anjouannaise).

Sur les 17% d'enfants nés de deux parents mahorais, 95% d'entre-eux sont enregistrés en droit local (ou droit musulman), grande spécificité de l'état civil de Mayotte (ce droit coexiste avec le droit commun - le code civil - et pose des regles différentes en matiere de nom, de filiation, de mariage, de divorce, de succession...).

Chiffres INSEE - janvier 2006.

Majoritairement musulmans avec la pratique d'un islam sunnite, les Mahorais, issus de différentes migrations, se retrouvent aujourd'hui dans deux grands groupes ethniques. D'origine malgache dans le sud et l'ouest de l'Ile ou se pratique la langue "shibushi", et plus africaine au nord, ou l'on parle le "shimaoré", un dérivé du swahili. La société mahoraise reste traditionnellement attachée au village dont le centre est symbolisé par la mosquée. Société aux multiples visages, Mayotte a hérité d'une culture diversifiée, a la fois africaine, perse, orientale, malgache, européenne et arabe.

Au fil des siecles, un islam original s'est construit sur la petite île. Héritage des premieres implantations arabes, la religion est omniprésente dans la vie quotidienne. Un bon musulman se doit ainsi de respecter les 5 pilliers fondamentaux de l'Islam (la foi, la priere - cinq fois par jour -, le ramadan, l'aumône, le pelerinage a la Mecque - au moins une fois dans sa vie). Les fetes de l'Ide el Fitr (qui clôt le ramadan) et l'Ide el Kébir (la fete du mouton) sont parmi les fetes les plus importantes et sont l'occasion de regroupements populaires entre prieres a la mosquée, échanges de voeux, de cadeaux, confection de gateaux...les fideles ayant revetu leurs plus beaux habits. Entre tradition et modernité, la société mahoraise conserve des regles coutumieres sous le contrôle des "Cadis", fonctionnaires religieux musulmans.

La femme mahoraise joue un rôle important au sein de la société (bien qu'exclue des mosquées et des rituels religieux). Propriétaire des terrains et des maisons, maîtresse de la gestion domestique, influente en politique locale, elle est l'élément stabilisateur de l'économie de l'île. Sans entrer dans les détails, il est aujourd'hui admis que ce sont les femmes qui ont conduit Mayotte a rester sous le giron de la République Française. Coquettes, elles ne sortent jamais sans etre revetues de leurs "salouva", pieces de tissu coloré dont elles se couvrent la tete et le corps, par dessus leurs vetements du jour. A l'occasion des fetes, elles posent le visage un masque de beauté a base de bois de santal, piquent des fleurs de jasmin dans leurs cheveux savamment tressés, se parent de magnifiques bijoux en or et dessinent, sur leurs mains, d'harmonieux motifs travaillés a l'henné.

Le "Ndrola" ou mariage, est une cérémonie tres importante dans la culture mahoraise et donne lieu a des festivités tres couteuses pour les familles des mariés car le nombre de convives est souvent a l'échelle du village et les bijoux comme l'électroménager, ont une place importante dans la dot que doit verser la famille du marié. Ces cérémonies s'accompagnent de danses et de chants comme les "Mulidis" (chants religieux), le "wadaha" (danse du pilon réservée aux femmes), le "shigoma ou mulezi" réservé aux hommes.

Basé sur une tradition orale, le patrimoine mahorais n'est pas visible. Les histoires, les contes, les croyances, les coutumes et le savoir-faire se transmettent par les "fundis", maîtres qui enseignent et possedent le savoir.

La peche traditionnelle, l'élevage et la culture utilisent ainsi des techniques et pratiques transmises de génération en génération. Pour la récolte de l'ylang-ylang et la fabrication de l'essence tres prisée en parfumerie, Mayotte a su conserver également des gestes séculaires qui font sa fierté. A noter, l'implantation, depuis de longues années, a Combani (Tsingoni), de la propriété de Jean-Paul GUERLAIN, le célebre parfumeur parisien. La tradition, c'est aussi les bangas, maisonnettes que certains adolescents fabriquent avec des lattes de bois ou de bambou et qui sont recouvertes de torchis, mélange de terre rouge et de paille, le tout étant surmonté d'un toit en "mtsevé", feuilles de cocotier tressées. Ces garçonnieres débordent souvent d'imagination dans leur décoration extérieure, le but affiché étant de séduire les jeunes filles. Cette pratique tend néanmoins a disparaître...

Depuis sa pleine adhésion a la France en 1976, Mayotte n'a jamais cessé sa course au développement drainant avec elle toute une population de métropolitains, les "M'zoungous", qui ont choisi d'élire résidence dans "l'Ile au Lagon" ou sont en poste, pour quelques années, dans l'Administration. Tout comme les "Créoles", Réunionnais travaillant pour le compte de quelques entreprises et administrations réunionnaises implantées a Mayotte.

Il ne faut pas oublier non plus la communauté indo-pakistanaise, dite Karane, qui bien souvent apres avoir transité par Madagascar ou les Comores, s'est installée a Mayotte voici quelques décennies. Cette communauté se divise en 2 courants : les Indiens "Bora" et les Indiens "Ismaelien" qui sont deux branches religieuses musulmanes. Ils furent notamment les premiers commercants et importateurs de Mayotte, mais aussi exportateurs des productions agricoles locales.

A ce mélange de communautés, s'ajoutent aussi les communautés comoriennes et anjouannaises des îles voisines qui, parfois dans les regles, souvent dans la clandestinité, tentent de faire face au dénuement qui regne sur leurs îles respectives en venant a Mayotte ou elles bénéficient d'un systeme de santé et d'un systeme scolaire qui font défaut chez elles. Une vraie politique de lutte contre l'immigration clandestine a donc été décidée par l'Etat Français pour enrayer cette tendance (les clandestins arrivent par mer, Anjouan ne se trouvant qu'a 70km, a bord de "Kwassa-Kwassa"). Bien souvent, Mayotte n'est qu'une porte d'entrée vers la France et ainsi une importante communauté comorienne vit désormais a Marseille (surnommée "la capitale des Comores") et sur l'ensemble du territoire métropolitai